Cette phrase peut sembler paradoxale dans des pays où les besoins en infrastructures sont immenses. Elle est pourtant fondamentale.
Une idée politique n’est pas encore un projet. Un projet inscrit dans un plan n’est pas nécessairement un bon investissement. Et le fait d’avoir déjà dépensé de l’argent dans des études ne justifie pas automatiquement de poursuivre.
La maturation d’un projet doit permettre de répondre progressivement à une question simple : Devons-nous continuer à investir dans ce projet ?
À chaque étape, trois décisions doivent rester possibles : CONTINUER si les résultats sont solides, REVOIR si certaines hypothèses doivent être approfondies, ARRÊTER si le projet ne démontre plus son utilité, sa faisabilité ou sa soutenabilité.
« Les abandons précoces sont des succès. »
Arrêter après quelques semaines ou quelques mois d’études un projet qui aurait mobilisé des centaines de millions n’est pas un gaspillage. C’est précisément ce que doit produire un bon système de maturation.
Le véritable échec est souvent ailleurs : continuer à financer un mauvais projet simplement parce qu’on a déjà commencé à le financer.
La bonne maturation ne sert pas seulement à faire réussir les bons projets. Elle sert aussi à empêcher les mauvais de devenir des chantiers abandonnés.
Selon vous, nos systèmes publics savent-ils suffisamment arrêter les mauvais projets à temps ?
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